Historique

Imaginez une communauté où le milieu des affaires, les autorités régionales et les organismes communautaires travaillent main dans la main en vue de surmonter les enjeux sociaux qui leur sont propres. Où professionnels et gens d’affaires ayant un horaire fort chargé prennent les moyens pour mettre leur temps, leur expertise et les ressources de leur entreprise au service d’organismes de la région et démontrent par leurs actions le vrai sens de la responsabilité sociale. Où les citoyens les plus nantis sont tout à fait conscients de la valeur sociale de la philanthropie et heureux de pouvoir mettre leurs réseaux de contacts et un soutien financier à la disposition des établissements et des groupes communautaires. Où des personnes de langue, d’origine ethnique et de statut socioéconomique différents peuvent vivre ensemble, en parfaite harmonie. Leur fierté d’appartenir à une même communauté transcende l’identification à un simple quartier.

Imaginez une communauté dotée d’un fort esprit d’initiative, où le chef de la direction d’une société faisant figure de chef de file au sein d’une industrie est déterminé à concrétiser une idée géniale. Où la réalisation d’un projet passe tout simplement par la réunion de certaines personnes autour d’un déjeuner, par quelques appels et par l’obtention de l’engagement d’autres personnes qui souhaitent aussi apporter leur précieuse contribution. Où des bénévoles s’offrent pour amasser des fonds avant même d’être sollicités. « Quels sont vos besoins? Je vous aiderai à les combler. »

Cette communauté existe bel et bien, ici, dans l’Ouest-de-l’Île.

L’Ouest-de-l’Île de Montréal présente une multitude de contrastes. Plus de 220 000 citoyens habitent cette région riche de son histoire et de sa diversité. Située à seulement une vingtaine de minutes du centre-ville de Montréal, cette communauté est unique et fort inspirante.

En 1997, un petit groupe de citoyens influents ont fondé Partage-Action de l’Ouest-de-l’Île, dont l’appellation anglaise est West Island Community Shares. Leur objectif était de mettre sur pied un organisme spécialisé dans la collecte de fonds afin d’offrir un soutien financier à des organismes communautaires locaux en manque de ressources, et dont la mission est de venir en aide aux personnes démunies tout en visant le développement communautaire à long terme. Une étude de faisabilité a été entreprise et a démontré la nécessité d’un tel organisme. Les résidents de l’Ouest-de-l’Île se sont toujours montrés généreux, versant en dons quelque 25 millions de dollars par année à diverses causes. Cela dit, une très faible proportion de ce montant retournait aux organismes à but non lucratif de leur communauté. Les résultats de cette étude ont fourni à ce groupe de citoyens actifs la confiance nécessaire pour donner vie à leur projet. Les initiateurs du projet avaient la détermination et le savoir-faire pour créer rapidement un organisme de financement efficace. Ils ont élaboré une formule de collecte de fonds exclusive en vue d’établir un lien de confiance avec leurs donateurs : chaque dollar versé en don est remis et distribué à un organisme communautaire soutenu par Partage-Action de l’Ouest-de-l’Île. Les frais d’administration sont couverts séparément par des partenaires financiers de Partage-Action de l’Ouest-de-l’Île, et ce, en toute transparence. Ce concept de financement unique a contribué au succès rapide de Partage-Action de l’Ouest-de-l’Île, et depuis, les retombées positives sur la communauté de l’Ouest-de-l’Île ont été stupéfiantes — et — mesurables.

Comment tout a débuté

Déjeuners-réunions et appels téléphoniques 

En 1997, trois (3) maîtres d’œuvre de la création de Partage-Action de l’Ouest-de-l’Île se sont démarqués : Russell Williams, député de la circonscription de Nelligan à l’Assemblée nationale, Robert Vokey, de La fondation de la famille J. W. McConnell, et Alan Bootes, alors président de Pfizer Canada. Robert Vokey, lors d’une conférence à laquelle il a assisté aux États-Unis, avait entendu parler d’un organisme de financement intéressant appelé Tennessee Community Shares. Le concept, soit de créer un organisme de financement destiné à soutenir divers groupes d’action communautaire au sein d’une communauté, serait le premier du genre au Canada. Fortement inspiré par sa découverte, Robert savait que tout ce qui se rapportait à l’idée de bâtir une meilleure communauté était l’essence de la passion de Russell Williams, c’est pourquoi il lui a fait part de ce qu’il avait appris au sujet de cet organisme américain. Puis, à son tour, Russell a communiqué cette information à plusieurs de ses connaissances, dont Alan Bootes. Sensible à ce principe, La fondation de la famille J. W. McConnell a accepté de financer une étude de faisabilité visant à connaître le profil de donateurs des résidents de l’Ouest-de-l’Île, c’est-à-dire ce qui les incite à soutenir des organismes à but non lucratif, leur attitude face à l’idée de verser ou non un don. L’étude avait également pour objet de révéler la somme annuelle des dons effectués par les résidents de l’Ouest-de-l’Île et si, en réalité, leurs dons étaient réinjectés dans leur communauté.

Le volet principal de cette étude a révélé que l’Ouest-de-l’Île est le lieu de résidence de nombreux donateurs généreux et de bénévoles infatigables. On a estimé qu’en 1995, les résidents de l’Ouest-de-l’Île avaient donné plus de 25 millions de dollars à des organismes de bienfaisance; environ le tiers des donateurs en ont fait état dans leur déclaration de revenus. En outre, cette étude a permis de conclure que la grande majorité de l’argent versé ne bénéficie pas aux organismes communautaires de la région. À la lumière de cette information, on a supposé que, si les résidents de l’Ouest-de-l’Île apprenaient cet état de fait, ils pourraient être motivés à investir davantage dans leur propre collectivité. On croyait également que la majorité des répondants — près de 70 % —, pourraient être persuadés de l’importance de « faire leur part » si on leur faisait prendre conscience que leurs dons aideraient des gens du voisinage. Bien qu’un grand nombre de répondants croient que la responsabilité d’aider les personnes démunies incombe aux gouvernements provincial et fédéral, ils admettent également que le geste de faire un don et le fait de savoir qui en bénéficiera, peut leur offrir une gratification personnelle. Constat intéressant : de nombreuses personnes n’ont pas encore trouvé une cause qui leur tient à cœur.

Finalement, l’étude a permis de conclure que les résidents de l’Ouest-de-l’Île seraient en faveur de la création d’un fonds communautaire, tel que le propose Partage-Action de l’Ouest-de-l’Île, et qu’ils seraient intéressés à y apporter leur contribution, dans la mesure où les conditions générales décrites ci-dessous sont respectées.

  • Recevoir régulièrement des renseignements sur la raison d’être, les objectifs et les résultats des campagnes de financement par le biais des médias locaux.
  • Connaître les administrateurs et les dirigeants de Partage-Action de l’Ouest-de-l’Île.
  • Traiter avec des intervenants fiables, être en mesure de s’assurer que tous les fonds recueillis sont bel et bien versés à des organismes communautaires de la région et qu’ils serviront à aider des gens et non à régler des frais administratifs.
  • Obtenir la garantie que l’argent recueilli sera réellement utilisé pour améliorer la qualité de vie des bénéficiaires des services offerts par des organismes communautaires de la région.
  • Avoir la certitude qu’on maintiendra le soutien aux organismes communautaires qui viennent en aide aux résidents des quartiers pauvres de Montréal et qu’on répondra aux appels des personnes qui vivent des situations d’urgence ailleurs au Québec.
  • Être capables de mesurer eux-mêmes à quel point leurs dons contribuent au bien-être de la collectivité.
  • Sentir que leur générosité est appréciée.

Dotés de cette nouvelle compréhension de leurs concitoyens de l’Ouest-de-l’Île, ces maîtres d’œuvre se sont mis à la recherche de personnes et de ressources en vue de fonder ce nouvel organisme de financement. Lucie Fournier, résidante de l’Ouest-de-l’Île de longue date expérimentée dans le travail sur le terrain auprès de deux (2) organismes sociaux de l’Ouest-de-l’Île, a été invitée à prendre connaissance de ce nouveau projet. Ayant œuvré à titre de travailleuse auprès des jeunes au YMCA et de directrice du Refuge pour les femmes de l’Ouest-de-l’Île, un organisme communautaire à but non lucratif, Lucie comprenait très bien les enjeux sociaux de la région et la difficulté que les organismes communautaires éprouvaient à obtenir du financement pour leurs activités. Enthousiaste devant les possibilités qu’offre Partage-Action de l’Ouest-de-l’Île, Lucie a accepté le tout premier mandat de directrice générale de notre organisme.

Quelques coups de fil et une série de réunions informelles ont suffi à attirer suffisamment de bénévoles pour former le conseil d’administration et les différents comités clés, de même que pour assurer la direction de quelques projets de collecte de fonds. George Springate est devenu le premier président du conseil d’administration de Partage-Action de l’Ouest-de-l’Île. Alan Bootes, alors président de Pfizer Canada, tentait de trouver une façon d’amener sa société à s’engager plus à fond dans la collectivité, c’est pourquoi Pfizer est devenu un partenaire majeur de Partage-Action de l’Ouest-de-l’Île. À la même époque, un sondage mené auprès des employés a indiqué que ces derniers croyaient que, bien que leur entreprise offrait un excellent milieu de travail, ils pouvaient apporter une plus grande contribution sur le plan social. Peu de temps après, Pfizer et La fondation de la famille McConnell ont amassé conjointement un fonds de départ de 400 000 $ en vue d’aménager les bureaux de Partage-Action de l’Ouest-de-l’Île et de couvrir le salaire de deux (2) employés permanents. D’autres organisations, telles qu’Avon Canada, Merck Frosst et Bombardier ont offert les services de vaillants bénévoles et l’accès à leurs ressources créatives. En coulisse, Robert Vokey a mis à la disposition de Partage-Action de l’Ouest-de-l’Île sa connaissance des infrastructures des organismes à but non lucratif et a rendu de fiers services dans l’élaboration des lignes directrices sur le financement, des règlements administratifs et d’autres documents, afin de mettre rapidement sur pied un organisme professionnel.

Partage-Action de l’Ouest-de-l’Île prend son envol

Malgré le chaos créé par la crise du verglas en 1998, le comité organisateur et ses partenaires ont persévéré dans leur démarche visant à définir la mission et à établir les objectifs du nouvel organisme Partage-Action de l’Ouest-de-l’Île.

Il a été convenu que Partage-Action de l’Ouest-de-l’Île servirait à sensibiliser les résidents aux problèmes et aux services offerts par les organismes communautaires de la région, contribuant ainsi à renforcer leur sentiment d’appartenance à la communauté. En outre, Partage-Action de l’Ouest-de-l’Île offrirait aux citoyens des moyens accessibles pour aider leurs pairs par l’intermédiaire d’activités de financement exclusives. On espérait ainsi qu’en sensibilisant la population aux besoins non comblés dans l’Ouest-de-l’Île en matière de services d’aide aux citoyens, on pourrait atténuer la lassitude de la population vis-à-vis la collecte de fonds, inciter les gens à aider les autres et les motiver à accroître le soutien qu’ils peuvent apporter à des causes propres à leur région.En allégeant le fardeau de la collecte de fonds, Partage-Action de l’Ouest-de-l’Île allait améliorer la capacité des organismes communautaires de la région de répondre aux besoins de la collectivité en leur offrant un soutien financier au moyen de dons annuels. Des fonds seraient également attribués à des programmes d’intervention, freinant ainsi l’aggravation des problèmes sociaux. Les résidents de l’Ouest-de-l’Île seraient en mesure de contribuer à la santé et à la croissance de ces organismes communautaires, sachant que leur générosité bénéficierait directement à leur collectivité. Les fondateurs de Partage-Action de l’Ouest-de-l’Île ont rapidement réalisé que leur rôle était de mobiliser la communauté et de renforcer la solidarité entre les différents intervenants : citoyens, organismes communautaires, autorités gouvernementales et gens d’affaires. En outre, leur VISION du projet portait sur l’aptitude à canaliser les ressources et les personnes intéressées à la planification communautaire et au développement régional.

Des années de stabilité et de croissance

En 2004, Partage-Action de l’Ouest-de-l’Île avait accru sa capacité de financement de plus de 400 %. Sous la gestion et direction de Lucie Fournier, la directrice générale fondatrice, de Pierre Arvisais (RBC Banque Royale), président de Partage-Action de l’Ouest-de-l’Île de 1999 à 2003, et de Roger Morin, président de Partage-Action de l’Ouest-de-l’Île de 2003 à 2005 , Partage-Action de l’Ouest-de-l’Île a créé un impact significatif en offrant un soutien financier à un nombre grandissant d’organismes communautaires de l’Ouest-de-l’Île. Au cours de ces années de croissance, le nombre d’organismes bénéficiant d’un financement est passé de 8 à 20, et le montant total des fonds a augmenté de 102 000 $ à 465 000 $. La notoriété de Partage-Action de l’Ouest-de-l’Île s’est accrue depuis l’instauration de diverses activités de financement annuelles, dont le tournoi de golf, la soirée de bienfaisance et le publipostage d’automne destiné aux résidents de l’Ouest-de-l’Île, l’ajout d’autres entreprises à la liste des partenaires de Partage-Action de l’Ouest-de-l’Île et la tenue de certaines activités de financement organisées par un réseau de bénévoles de plus en plus étendu.

Les résultats de l’étude de faisabilité décrits précédemment ont déterminé l’orientation de Partage-Action de l’Ouest-de-l’Île à ses débuts.

Partage-Action fait du bien dans l’Ouest-de-l’Île

Durant sa première année d’existence, Partage-Action de l’Ouest-de-l’Île a fait l’objet d’une intense couverture médiatique, car cet organisme tentait d’établir sa notoriété au moyen d’un lancement public et d’une demande de soutien auprès de gens partout dans l’Ouest-de-l’Île. Cette démarche a eu une double conséquence. D’une part, la présence de Partage-Action de l’Ouest-de-l’Île au sein de la collectivité étroite de l’Ouest-de-l’Île a permis de constater que le nouvel organisme n’a entraîné aucune répercussion mesurable sur les efforts de collecte de fonds de Centraide dans cette région. Les gens ont continué de donner à Centraide, et ont de plus répondu à l’appel de Partage-Action de l’Ouest-de-l’Île en appuyant sa mission. En fait, la recherche indique qu’habituellement, plus on a d’occasions de faire des dons, plus la somme totale donnée est élevée . D’autre part, certains organismes communautaires et résidents de l’Ouest-de-l’Île ont ouvertement douté de la capacité de ce nouveau joueur d’accomplir sa mission.  Ils ont été heureux de constater par la suite que Partage-Action de l’Ouest-de-l’Île a efficacement répondu aux protestations publiques en s’appuyant sur des faits, en élaborant le processus de distribution des fonds et en continuant d’attirer des partenaires financiers de prestige. Il semblait donc que le temps était venu de mettre sur pied une organisation régionale de collecte de fonds au profit des organismes communautaires de l’Ouest-de-l’Île.

Des résultats observés en quelques années seulement

Dès ses tout débuts, Partage-Action de l’Ouest-de-l’Île a atteint les objectifs qu’il s’était fixés : recueillir des sommes d’argent importantes auprès des résidents et des partenaires financiers de l’Ouest-de-l’Île, puis réinjecter ces fonds directement dans la communauté par l’entremise des organismes communautaires destinés à répondre aux besoins essentiels des résidents de l’Ouest-de-l’Île. En avril 2011, plus de 6,3 millions de dollars ont été distribués à 35 organismes communautaires.

Cette réussite a été rendue possible parce que les membres fondateurs de Partage-Action de l’Ouest-de-l’Île ont joué le rôle de maîtres d’œuvre pour cause en laquelle ils croyaient. Ils ont su inspirer la passion, recruter d’autres dirigeants et collaborateurs, et rester axés sur les besoins à combler au sein de leur communauté. Par-dessus tout, ils n’ont jamais perdu de vue leur mission.

Voici quelques faits saillants de Partage-Action de l’Ouest-de-l’Île :

  • Promotion active de sa formule de financement exclusive auprès du public, garantissant que 100 % des dons sont versés au fonds de distribution destiné à soutenir les organismes communautaires et que les frais d’administration sont couverts par des partenaires financiers en toute transparence;
  • Recrutement de citoyens jouissant d’une certaine notoriété dans la communauté pour siéger sur le conseil d’administration et sur les divers comités, lesquels ont ouvert la voie au partenariat financier avec certaines sociétés, partenariat qui est à l’origine du programme de retenue sur la paie et du recrutement d’employés dévoués et désireux de devenir bénévoles;
  • Mise sur pied du nouvel organisme par l’établissement des éléments suivants : règlements administratifs bien définis, buts et objectifs destinés à favoriser la croissance, programmes de collecte de fonds très efficaces, lignes directrices de la distribution des subventions et outils servant à évaluer et à examiner les demandes d’aide financière;
  • Accord à long terme avec des partenaires financiers, tels que Pfizer, Banque Nationale, Merck, Desjardins, Avon, Novartis Pharma, Tenaquip, Roxboro et Bromelin People Practices;
  • Mérite d’un appui public : maires de différentes villes, ainsi que des députés provinciaux et fédéraux, qui ont permis à l’organisme d’acquérir une solide crédibilité;
  • Mise à l’essai de nombreuses idées en matière de collecte de fonds et important succès du tournoi de golf annuel, dont les recettes servent à couvrir les coûts de la campagne annuelle de publipostage destiné aux résidents de l’Ouest-de-l’Île;
  • Attrait de donateurs au sein de la population par l’intermédiaire de collectes de fonds ciblant directement les résidents, constituant une banque de 2500 donateurs actifs;
  • Vif intérêt suscité par les médias francophones et anglophones représentés dans l’Ouest-de-l’Île, y compris les principaux quotidiens montréalais;
  • Croissance de l’organisme de l’anonymat complet au soutien des huit (8) organismes communautaires initiaux, jusqu’à aujourd’hui, où plus de 35 organismes bénéficient du soutien de Partage-Action de l’Ouest-de-l’Île, nombre qui ne cesse d’augmenter;
  • Inscription d’entreprises au programme de retenue sur la paie des employés, assurant ainsi un revenu constant et un faible taux d’attrition; chaque année, de nouvelles entreprises et leurs employés adhèrent à notre programme;
  • Composition d’une banque de plus de 300 bénévoles composant les comités permanents, participant aux activités de collecte de fonds et jouant certains rôles mineurs ou majeurs dans le cadre des différentes activités.